Cinéma/DVD

Alice et le maire

01 mars 2020

Un film de Nicolas Pariser. Sortie cinéma : le 2 octobre 2019, sortie DVD : le 5 février 2020, 1h41. M6 vidéo.

Parmi les films qui auraient pu entrer dans cette rubrique ce mois-ci, je fais le choix de quelque chose de pas trop sombre, même si le film décrit les tristes contradictions du fonctionnement de la démocratie française. Dans cette comédie aigre-douce, on suit sans ennui l’excellent duo des rôles-titres : le maire (Fabrice Luchini) et Alice (Anaïs Demoustier).

Après trente ans de vie politique, Paul Théraneau, maire de Lyon, fait le constat douloureux d’un vide intérieur. Comme si la vie politique, pour laquelle il a donné le meilleur de lui-même, l’avait asséché. Ses collaborateurs, travaillant pour des échéances importantes et proches, veulent lui faire retrouver « l’inspiration », lui offrir une source de nouvelles idées. C’est ainsi qu’on embauche, sans aucun préalable, une jeune femme vaguement professeure de philo, brillante, mais sans aucune culture politique. Alice Heimann devient donc la muse du maire, affronte ses nouveaux défis et se révèle efficace. Si le système qu’elle intègre gonfle une véritable baudruche en la rendant aussitôt indispensable, omniprésente, incontournable, elle-même ne se prend pas au jeu, sauf dans le dialogue sincère et humain qui se développe entre elle et son « patron ».

Ils ne sont pas sur la même longueur d’onde, la différence d’âge n’aidant pas, mais chacun des deux protagonistes évolue. Et peu à peu, avec d’autres personnages également importants dans le scénario, le film nous entraîne vers d’autres interrogations ou dualités : la conviction et le doute, le sentiment de réussite ou d’échec dans la vie, qui touchent l’édile en fin de carrière comme la jeune célibataire sans projet…

Tout au long du film, la question est posée de la moralité, de la valeur du milieu de la politique. Et Alice, sur le sujet, n’est pas aussi critique que certains de ses amis, positive tant qu’elle croit – la naïve ? – servir à quelque chose. Au final – on ne peut pas tout raconter… –, l’opération « idées » n’aura pas le résultat escompté. La machine politique, qui fait et défait les figures d’une heure à l’autre, en a décidé autrement.

 
Séverine Daudé Journal Échanges

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