Face à la pauvreté : brisons le silence !

01 octobre 2017

La Journée mondiale du refus de la misère est célébrée chaque 17 octobre. Née de l’initiative du père Joseph Wresinski et de celle de plusieurs milliers de personnes de tous milieux qui se sont rassemblées sur le Parvis des droits de l’homme à Paris en 1987, cette journée est officiellement reconnue par les Nations unies depuis 1992, et pilotée depuis 2008 par le Comité international 17 octobre.

L’Objectif du développement durable des Nations Unies de mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde reconnaît explicitement que la pauvreté ne résulte pas du manque d’un seul facteur, mais de l’absence cumulée de nombreux facteurs interdépendants qui affectent la vie des personnes. Cela signifie qu’il faut dépasser une définition de la pauvreté considérée simplement comme l’absence de revenu ou du strict nécessaire pour assurer le bien-être matériel – tels que la nourriture, le logement, la terre, et autres – afin de comprendre pleinement la pauvreté dans ses multiples dimensions.

La perte d’estime de soi

L’humiliation est omniprésente chez les personnes sans abri et celles vivant dans la pauvreté. Alors que la honte est le résultat d’un jugement personnel sur son échec, l’humiliation relève de la conviction de l’individu qu’il ne mérite pas le traitement qu’il reçoit. Quand les personnes vivant dans la pauvreté se sentent traitées d’une manière méprisante ou insultante, cela se traduit par des sentiments de perte d’estime de soi, de sa propre valeur ou de perte de dignité.

Souvent, des épisodes ou des expériences d’humiliation incluent des actions à la fois verbales et physiques. Souvent, les « regards » portés sur des personnes vivant dans la pauvreté sont perçus par celles-ci comme des jugements, et génèrent des sentiments d’humiliation. Ces personnes sont aussi exposées au ridicule. Elles se sentent humiliées lorsqu’elles se retrouvent dans la situation de devoir « mendier » de l’aide ou d’avoir à supporter des situations humiliantes, condescendantes ou de jugement de la part des organismes chargés de les aider.

L’exclusion sociale

Quand les gens parlent de leurs expériences de vie, ils révèlent ces aspects psychologiques, importants de la pauvreté. Les personnes vivant dans la pauvreté sont parfaitement conscientes de leur manque de voix, de pouvoir et d’indépendance. Elles sont soumises à l’exploitation, à la discrimination et à l’exclusion sociale. Leur pauvreté les rend vulnérables à l’indignité, à la grossièreté et à l’humiliation de la part des personnes qui travaillent dans les organisations publiques auxquelles elles demandent de l’aide.

Par conséquent, afin de bien comprendre la pauvreté dans toutes ses dimensions, les décideurs politiques doivent mettre l’accent sur les aspects non matériels fondamentaux de la pauvreté – telles que la honte, l’humiliation et l’exclusion sociale. Il faut comprendre la pauvreté d’une façon multidimensionnelle, enrichir notre compréhension et permettre de développer des stratégies et des politiques plus souples et plus efficaces pour surmonter la pauvreté sous toutes ses formes.

 
© Aleske

 

 Tentes des « Enfants de Don Quichotte »
au bord du canal Saint-Martin, à Paris

 

 

 

 

 

 

 

© Wikimedia Commons

   La misère sous un pont de Paris

 

 

 

 

 

 

 

En savoir plus

 http://www.refuserlamisere.org 

comite.international@oct17.org

NICOLAS BOUTIÉ

Commentaires