Journée contre la peine de mort

01 octobre 2017
Le 10 octobre a lieu la Journée mondiale contre la peine de mort, à laquelle participera l’Acat. Le thème de cette année est Peine de mort et pauvreté.

 

Avec le Japon et l’Inde, les États-Unis sont la seule démocratie qui conserve la peine de mort dans leur système pénal. Le processus est lent, mais le combat contre la peine de mort gagne peu à peu du terrain. Sur les 50 États que compte l’Oncle Sam, 19 sont abolitionnistes. En 2016, quatre États seulement ont concentré 90 % des exécutions : la Géorgie, le Texas, la Floride et le Missouri. Ces chiffres démontrent que la peine de mort est un phénomène de plus en plus isolé.

Notre système judiciaire est très sensible à l’argent. Il vous traite mieux si vous êtes riche et coupable, que si vous êtes pauvre et innocent. Bryan Stevenson, de l’ONG américaine Equal Justice Initiative, résume ainsi l’iniquité du système pénal américain qui oppose deux Amériques. Celle des plus favorisés qui disposent des moyens financiers pour s’assurer une défense efficace et celle des plus pauvres qui subissent de plein fouet la discrimination socio-économique et qui sont plus exposés à des condamnations. Selon l’ONG Equal Justice Initiative, 95 % des personnes condamnées à mort provenaient de milieux défavorisés en 2007. Une fois emprisonnés, les détenus des couloirs de la mort vivent dans des conditions carcérales qui sont conditionnées par leur situation sociale et économique. Au 1er juillet 2016, ce sont 2 905 condamnés, dont 55 femmes, dans les couloirs de la mort. 41,79 % d’entre eux étaient afro-américains (ils ne représentent que 13,6 % de la population aux États-Unis).

En France, l’Acat sensibilise le grand public aux enjeux de l’abolition, à travers l’organisation d’événements et lance des appels. Depuis 1992, elle organise un réseau de correspondance avec des condamnés à mort américains. 210 militants ou sympathisants de l’Acat correspondent avec 190 condamnés à mort. Ils redonnent de l’humanité à ces détenus qui survivent dans les couloirs de la mort, dans l’attente de leur exécution. L’Acat soutient les parrains des condamnés, notamment à travers des espaces d’échange et des outils pour faciliter leur engagement

 

Robert Delabouglise

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