Le chant

01 octobre 2017

Luther a invité les moines et les nonnes de son temps à sortir de leurs couvents. Pour lui, il n’est pas nécessaire de s’enfermer dans un monastère pour servir Dieu. Le boulanger, le cordonnier, le paysan peuvent annoncer tout autant la gloire de Dieu. Un message profondément libérateur, qui a des conséquences encore sur notre vision du travail.

© Albert Huber

Pour réformer la messe, Luther a mis à la disposition de l’Église de nombreux chants pour le culte. Ainsi, les fidèles pouvaient participer activement à la liturgie. Un culte pensé comme celui du peuple de l’Église et non des clercs seuls. Il n’a pas seulement commandé des partitions, il a lui-même traduit des psaumes en allemand. Les autres chants de Luther sont des compositions propres, comme C’est un rempart. D’autres chants ont pour source les pères de l’Église du Ier au Ve siècle, les grands auteurs latins, les textes de l’Église médiévale et les chants allemands. On lui attribue 36 cantiques.

Le chant joue une autre fonction chez le réformateur de Wittenberg. Comme la Bible, ses écrits et le catéchisme, chanter fait partie des moyens de réformer l’Église. Dès 1524, Luther publie le Livre de Wittenberg ou le Petit livre de chants religieux, en collaboration avec le compositeur Johann Walter. On assiste à l’introduction de mélodies simples, souvent répétées et facilement mémorisées par l’assemblée : le refrain. Les chants de Luther ont une source biblique, chez Calvin aussi et pour toute l’hymnologie du protestantisme. Il a mis 5 psaumes en musique : les psaumes 12, 46, 67, 124, 130, les dix commandements, le Notre Père et la préparation à la Cène. D’autres chants sont une mosaïque de textes bibliques. Quand on n’arrive plus à prier, le chant peut devenir un bon média de prière porté par les mots et la musique. De sorte que Luther, reprenant la formule de saint Augustin, pouvait dire : chanter c’est prier deux fois

E. Mayanga Pangu

Commentaires