Le travail

01 octobre 2017

Luther a invité les moines et les nonnes de son temps à sortir de leurs couvents. Pour lui, il n’est pas nécessaire de s’enfermer dans un monastère pour servir Dieu. Le boulanger, le cordonnier, le paysan peuvent annoncer tout autant la gloire de Dieu. Un message profondément libérateur, qui a des conséquences encore sur notre vision du travail.

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Pour Luther, c’est dans la quotidienneté que tout se joue : Si tu es un artisan, tu trouves la Bible ouverte dans ton atelier, dans ta main et dans ton cœur ; elle t’enseigne et te prêche ce que tu dois faire à ton prochain. Considère tes outils, tes aiguilles, ton dé à coudre, ton tonneau de bière, ta marchandise, ta balance, ton aune, ta mesure et tu verras que ces paroles y sont écrites. L’appel à servir Dieu ne s’accomplit pas en rejetant le monde mais en s’y jetant. Le Réformateur de Wittenberg va utiliser le mot Beruf pour parler de la vocation du chrétien, un terme utilisé pour désigner la vocation à la prêtrise. Par ce concept, Luther étend ainsi à toutes les professions la dignité spirituelle et religieuse qui était jusqu’alors reconnue à la vocation des prêtres et des moines. Et cela marchera. Les protestants vont très vite faire office de prêtres sur leurs lieux de travail. Chacun y entonne les cantiques de Luther, annonçant l’Évangile.

Martin Luther ira plus loin. Il appelle les croyants à exercer leur travail avec honnêteté. La légende raconte que Nicolas-Louis de Zinzendorf, théologien luthérien du XVIIIe siècle, aurait répondu : Cela se verra aux chaussures que tu feras. Cette réponse incarne bien la pensée luthérienne d’un travail qui va de pair avec l’éthique. Cette caractéristique sera encore accentuée par Calvin et le calvinisme. Cela conduira les protestants à penser que le travail pouvait être le lieu de la bénédiction divine.

Christophe Jacon

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